24.11.2007

Regards de jeunes français sur la vie professionnelle à Madrid

La revue Courrier Cadres de décembre fait témoigner de jeunes expatriés français travaillant à Madrid.

Premier enseignement : ils s'y plaisent et n'ont pas envie de rentrer en France mais lorgent plutôt sur d'autres terres hispanophones en Amérique du Sud.

Ils apprécient les responsabilités qu'on leur confie et les possibilités d'évolution beaucoup plus rapides qu'en France. "C'est le pays des opportunités, à condition d'avoir une vraie compétence à apporter - même si on ne possède pas forcément de hauts diplômes" souligne le directeur de la CFECI. Côté positif, ils relèvent également le mode de vie beaucoup plus décontracté, les relations hiérarchiques plus souples et conviviales. "Tout le monde se tutoie joyeusement". Enfin, les jeunes enfants apprécieront aussi le changement : "Les Espagnols adorent les enfants, et tout est fait pour leur confort".

Où ça coince, au moins au début, c'est sur la feuille de paye. Pour les jeunes diplômés d'école de commerce, il faut s'attendre à une basse de salaire de 30 à 50%. Car l'âge conditionne beaucoup son positionnement sur la grille salariale : "à fonction égale, avec cinq ans de plus, on gagne deux fois mieux sa vie". Heureusement le coût de la vie est raisonnable, sauf le logement même si les prix n'atteignent pas ceux de Paris (1000€ pour 80m2 en centre ville).

Quels regards portent-ils sur leurs collègues espagnols ? Ils reconnaissent leurs compétences et leur investissement dans le travail (attention, on travaille beaucoup à Madrid même pendant la sieste ). Ils sont en revanche parfois sidérés par leur "manque d'initiative" leur "hantise des responsabilités" et l'absence de réactivité (le temps passé à se référer au siège se révèle souvent un obstacle à l'efficacité). Côté tempérament, le caractère latin des espagnols est également souligné : ils s'enflamment vite, les affrontements peuvent être violents mais "au bout du compte, c'est moins hypocrite que dans l'Hexagone". Enfin, la culture orale s'accompagne d'une certaine dose d'improductivité et explique d'une certaine façon les horaires de travail à rallonge.