27.05.2007
En Russie, la confiance interpersonnelle est à la base de toute relation d'affaires
C'est un des constats que nous fait partager Irina Andryushchenko, consultante RH spécialiste de la Russie, dans un article paru dans La Tribune du 14 mai 2007.
Cherchant à dépasser un stéréotype bien ancré sur les Russes qui postule que toute négociation doit se faire autour d'un verre de vodka, elle livre une explication éclairante sur la manière de faire du business en Russie.
"Pour un homme d'affaire russe, aller au restaurant avec un partenaire inconnu, c'est se donner les moyens d'en savoir plus sur lui, sa famille, sa vision du monde, sur la façon dont il fonctionne avec ses partenaires actuels. En un mot, c'est un moyen de vérifier s'il peut lui faire confiance et croire en ses promesses car si les choses tournent mal, il ne pourra guère s'appuyer sur le système judiciaire dans lequel il a très peu confiance". Par ailleurs, la vodka est une boisson ringarde à Moscou comme à Saint Pétersbourg, le verre de vin est par contre à la mode.
Autre stéréotype qu'Irina Andryushchenko cherche à démonter dans cet article, la soumission à l'autorité qui ne tient pas compte de la réalité dans les nouvelles pousses issues du boom économique russe. Dans ces dernières, nous dit-elle, vous seriez surpris de voir que la confrontation ouverte dans les réunions d'équipe de direction y est une pratique très courante. Si un collaborateur a une vision différente de celle de son patron ou du reste de l'équipe, il le dira ouvertement car il sait que se taire risque de mettre son entreprise en danger.
Bref, une vision de l'intérieur de la Russie qui nuance fortement nos stéréotypes dans un sens plus optimiste.
10:20 Publié dans Europe continentale et orientale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : différences culturelles franco-russe, stéréotype
22.02.2007
La résurgence des stéréotypes en situation de crise : le cas EADS aujourd’hui
Les réactions de la presse américaine à la position française à l’ONU en février 2003, ont montré qu’en cas de crise le recours aux stéréotypes pour stigmatiser l’autre est fréquent. Les Français y ont été dépeints comme « cultivant l’art de la retraite ou de la fuite », « lâches », « corrompus », « ingrats par rapport aux sacrifices des GI de la Seconde Guerre Mondiale, morts dans l’Hexagone ». Ces qualificatifs ont été utilisés dans la presse "grand public" mais également dans la presse internationale.
Des exemples voisins peuvent être trouvés dans notre propre façon d’agir. Souvenons-nous, des stéréotypes qui circulaient sur les japonais dans les années 80 et que notre premier ministre de l’époque avait repris à son compte (« les fourmis japonaises »).
Aujourd’hui dans le conflit qui oppose français et allemands au sujet d’EADS on peut lire dans un article de courrier international que les Français sont dépeints dans la Presse allemande (pas n’importe laquelle puisqu’il s’agit du très sérieux Spiegel) d'une manière peu sympathique.
"Quand la caste dirigeante de la France estime que les intérêts nationaux sont en jeu, elle agit sans scrupules".
"Tout ce qui sert leur nation est permis, les projets communs n'existent que pour le bien de la France, l'influence extérieure est à bannir à tout prix, et au besoin, on fait cavalier seul."
En conclusion, "Villepin serait le digne successeur de Colbert... "
C'est moins rude que les Américains mais ce n'est pas très sympa quand même !
00:10 Publié dans Europe occidentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : stéréotype, interculturel, EADS, frenchie
21.02.2007
Le piège du stéréotype et ses conséquences dans le management des entreprises
L’exemple de la fusion entre Daimler et Chrysler est à ce sujet très éloquent. Un des premiers évènements dans l’intégration de Daimler et Chrysler fut l’organisation d’un dîner entre dirigeants des deux compagnies.
Dans l’esprit des Américains, un Allemand est froid et distant. Du point de vue allemand, un américain est un cow-boy, on lui tape sur l’épaule et la soirée se termine en chanson.
La scène, telle qu’elle nous est révélée par Paul Strebel, professeur à l’IMD (Cross-Border Lessons from the DaimlerChrysler Merger”, IMD, 2005), montre que ce fut exactement l’inverse. Jurgen Schrempp, le PDG de Daimler se mit au piano et entonna des chansons folks et les américains plutôt guindés tout au long du repas quittèrent précipitamment la soirée. Pour Paul Strebel, on avait d’un côté un Allemand qui ne correspond pas au stéréotype de l’Allemand car il a passé une bonne partie de sa vie en Afrique du Sud, de l’autre des Américains de l’Illinois, bastion protestants conservateurs. Le problème, c’est qu’au-delà de cette anecdote, l’incompréhension concerna aussi les modes de management et l’adaptabilité au changement. Jurgen Schrempp fut surpris par la résistance des syndicats américains et par la faible capacité des dirigeants à faire adhérer la ligne managériale aux orientations stratégiques de l’entreprise.
22:45 Publié dans Etats-Unis | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : management, interculturel, stéréotype, daimler, chrysler

