02.04.2007
Les Européens face à la mondialisation : les Français les plus pessimistes
La Fondation pour l'Innovation Politique publie une étude réalisée par un institut de sondage suédois intitulée "Les Européens face à la mondialisation". Conduite dans 17 pays auprès de deux panels réprésentatifs par pays (1000 jeunes et 300 aînés) entre octobre et novembre 2006, elle permet de mesurer un certain nombre d'écarts très éclairants entre l'Europe et 3 autres pays : Etats-Unis-Russie-Japon (question n°15 du document word en attaché).Etude_European_Youth.2.doc
Elle donne aussi une lecture très instructive des écarts de perception au sein de l'Europe sur quelques dimensions clés (graphique 8) :
- Réglementation et ordre vs liberté individuelle
- Société redistributive vs société récompensant l'effort individuel
- Libre échange vs protection de l'industrie nationale
- Faible niveau d'imposition vs état providence fort
Quelle est la perception des Français sur la mondialisation par comparaison aux autres peuples ?
Ils sont en faveur de la liberté individuelle, plutôt pour une société redistributive, pour un état providence fort et résolument favorables au protectionnisme.
On ne s'étonnera donc pas en conclusion que les Français sont les plus pessimistes quant aux impacts de la mondialisation sur l'emploi en général et sur leur propre chance de réussite. Les pays les mieux disposés face à la mondialisation sont l'Estonie, la Pologne et la Suède.
Bref, nous cultivons notre différence mais pas dans un sens enthousiasmant !
14:15 Publié dans Etudes, concepts, réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mondialisation, europe, peuples européens, etude innovation politique, France
18.02.2007
Mondialisation et uniformisation des cultures : le contre-exemple du cas franco-allemand
Lorsqu'on travaille avec des groupes en management interculturel, on est fréquemment ringardisé par un cadre "averti" qui vous lance que la mondialisation uniformise les cultures et que de ce fait il n'est plus utile de se pencher sur les différences culturelles nationales. C'est ce que j'appelle le déni des différences.
Pourtant, il y a bien un cas qui démontre le contraire, c'est le cas franco-allemand. Alors même que depuis 50 ans, un fort volontarisme politique et économique pousse au rapprochement de nos deux pays, il est très facile de montrer que nos deux cultures restent bien différentes et que la collaboration reste un vrai défi.
L'article de Chrisoph Barmeyer et Ulrike Mayrhofer (téléchargeable à partir du lien suivant), tous deux enseignants-checheurs à l'université R. Schuman de Strasbourg, montre que la coopération entre les équipes françaises et allemandes dans le groupe EADS reste difficile.
Dans un groupe bi-culturel, "les Français auront tendance à se sentir privés de leur liberté d'action et rebutés par l'élaboration d'un consensus. Les Allemands, à l'inverse, se sentiront confortés dans l'idée que leurs partenaires français sont individualistes et imprévisibles".
Et qu'est-ce qui est en cause pour expliquer ces différences de comportements ? Notre système d'éducation qui pousserait côté français à la compétition et, côté allemand, à la coopération . Ces différences ne sont donc pas près de s'estomper.... mondialisation ou pas.
Un autre témoignage mérite notre attention, c'est celui de Matthias Matussek, directeur des pages Culture de l’hebdomadaire Der Spiegel et auteur d'un ouvrage "Wir Deutschen. Warum uns die anderen gern haben können" malheureusement encore indisponible en français.
« Le patriotisme est une des tendances intrinsèques de la globalisation. Plus le monde s’internationalise, plus se développe le sentiment d’appartenance nationale. C’est un peu comme avec le site de GoogleEarth : vous avez sous les yeux la planète entière, mais vous cherchez avant toute chose à localiser votre propre pays ».
15:35 Publié dans Europe occidentale | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : uniformisation, mondialisation, interculturel, frenchie, multiculturel

