11.12.2008
Pour mieux comprendre la politique d'Angela Merkel
Un article intéressant du journal Les Echos, disponible sur internet, permet de mieux comprendre la politique d'Angela Merkel caricaturée de ce côté ci du Rhin pour sa coupable pusillanimité. Voici quelques extraits :
"Regarder où en est l'Allemagne. Quatrième économie de la planète, championne du monde de l'exportation, pays des Porsche et des Mercedes. C'est vrai. Mais l'Allemagne d'aujourd'hui n'est plus, au sein de l'UE, un pays cossu. Son PIB par habitant se situe à peine au-dessus de la moyenne de la zone euro. Déjà déçue à de nombreuses reprises par l'attitude de ses partenaires, l'Allemagne n'a, de toute façon, plus les moyens de dénouer une négociation européenne grippée avec son carnet de chèques, comme elle y a longtemps consenti. On ne l'a pas forcément noté à l'étranger, mais le choc de la réunification, combiné à l'accélération de la compétition mondiale, a paupérisé des millions d'Allemands. Les études pullulent, qui démontrent l'érosion de la classe moyenne. D'après l'institut IAQ, le pays compte 22 % de travailleurs « pauvres », qui gagnent moins des deux tiers du revenu médian. Plus qu'au Royaume-Uni et deux fois plus qu'en France.
Des investissements importants destinés à financer la mise à niveau de l'Est, toujours en cours, ont dû être repoussés. Dans le ferroviaire, les systèmes d'aiguillage sont notoirement obsolètes. Le réseau électrique n'est guère plus vaillant. Il peine de plus en plus à faire le grand écart entre le Nord du pays, où sont concentrées les capacités de production, et le Sud, où l'énergie est consommée. La couverture des régions rurales en haut débit est à peine supérieure à la moyenne européenne. Le système scolaire doit régulièrement assumer des résultats médiocres dans les grandes études comparatives internationales, notamment pour les capacités de lecture des jeunes.
Raison de plus pour lancer de grands programmes d'équipement financés par le contribuable ? Non. L'Allemagne est déjà assise sur une dette publique de 65 % du PIB. Comparable à celle de la France. Mais outre-Rhin, l'équation démographique n'est pas aussi favorable que dans l'Hexagone. Le taux de fécondité est de 1,37 enfant par femme. Selon la fondation Bertelsmann, d'ici à 2025, un Allemand sur deux aura plus de quarante-sept ans. Ce vieillissement accéléré incite à un usage prudent des ressources, et fait de l'équilibre budgétaire un objectif plus urgent. C'est en s'astreignant à une discipline budgétaire stricte que l'Allemagne peut espérer avoir, demain, les moyens d'investir". Cet article est signé Karl de Meyer, correspondant des "Echos" à Berlin.
09:09 Publié dans Europe occidentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : allemagne, merkel

