24.11.2007
"La logique de l'honneur" traduit en Chinois

Les Chinois ont bien de la chance : ils peuvent pénétrer notre culture occidentale de l'intérieur. Espérons que ce livre inspirera un chercheur chinois avide de nous éclairer sur les différences culturelles au sein du monde asiatique. On en a bien besoin...
12:43 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Logique honneur, philippe d'iribarne
15.11.2007
La mondialisation expliquée aux Français par Christine Lagarde
Lu dans le Monde daté d'aujourd'hui (15 novembre 2007), une interview de Christine Lagarde, Ministre de l'Economie.
"Nous devons faire oeuvre de pédagogie sur l'économie, sur ses mécanismes et sur ce que sont des mouvements de marchés qui répondent à des phénomènes d'offre et de demande. Bien sûr, le consommateur direct n'y pense pas lorsqu'il achète ses yaourts ou ses fruits et fait son plein d'essence, mais il y a une accélération phénoménale de la demande.
Mon collègue indien m'a dit que jusqu'à une période récente, la grande majorité du 1,1 milliard d'Indiens ne faisait qu'un repas par jour. Ils en font deux aujourd'hui. Quand on double la demande de riz, de céréales, de soja, etc., cela a un effet mécanique sur le prix des matières premières qui se répercute à la marge sur tous les produits alimentaires. On pourrait faire le même commentaire sur la consommation chinoise d'énergie".
10:15 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Inde, Christine Lagarde
14.11.2007
Les groupes chinois et indiens s'implantent en France
On connaissait le cas de Mittal. Voilà que les groupes chinois et indiens font leur marché dans la sous-traitance française nous dit le journal les Echos d'aujourd'hui*.
Ce mois-ci, Nief Plastic (120 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1.100 salariés), plasturgiste familial basé en Rhône-Alpes, a vendu la totalité de son capital à l’indien Sintex. Le mois précédent, Huron Graffenstaden
(40 millions de chiffre d’affaires, 140 salariés),un constructeur alsacien de machines-outils, a signé un
accord avec le groupe indien Jyoti CNC Automation en vue de lui céder 100% de la société. Le journal cite également le cas du forgeron Sifcor, basé en Haute-Marne, qui a annoncé « un projet de rapprochement et de partenariat » avec le groupe indien Bharat Forge, un des leaders mondiaux du secteur".
L'enjeu pour ces sous-traitants est parfois d'échapper au dépôt de bilan (cas de la société française Two Cast
Europe, fonderie française, placée en redressement judiciaire en 2005 et rachetée par Hebei Hongye Machinery, une fonderie chinoise spécialisée dans les pièces de robinetterie) mais c'est aussi un moyen de répondre aux pressions des donneurs d'ordre qui exigent de leurs sous-traitants une capacité à les suivre sur ces marchés .
Côté pays émergents, il est intéressant d'entendre le point de vue chinois exprimé par le PDG d'Hebei Hongye Machinery « J’ai analysé les différences de culture et de logique entre la Chine et l’Europe et conclu que si nous
voulions vraiment être présents en Europe, il fallait absolument investir et avoir une équipe sur place ». Cette explication culturelle est le pendant de celle exprimée par les chefs d'entreprise français qui préfèrent s'allier à un partenaire local pour s'implanter sur les marchés indiens ou chinois plutôt que de tenter l'aventure seuls. L'écart culturel est donc ressenti de part et d'autre comme réel et profond.
Que dire sinon de ce cette évolution ? Qu'advient-il des entreprises françaises lorsqu'elles tombent dans le giron des entreprises indiennes ou chinoises. Difficile de répondre car évidemment le phénomène est très récent et on a peu de recul. En faisant une recherche j'ai quand même trouvé un cas, celui de Rexor, PME de l'Isère, fabricant de fims et fils métalloplastiques, ancienne filiale de Rhone Poulenc lâchée par la maison-mère en 1998 et rachetée en 2003 par le groupe indien Jidal, son fournisseur de film plastique. Qu'en dit le PDG, Jean-paul Rousselet, interviewé par le journal des Entreprises le 6 avril 2007. "Les rapports sont excellents, rien à voir avec les investisseurs financiers américains ou européens qui, au bout de cinq ans se retirent des entreprises pour réaliser des bénéfices". "Aujourd'hui, nous allons servir de tremplin pour le développement de Jidal en Europe; nous avons choisi de concert d'implanter un centre de recherche et de développement en Europe". Même le secrétaire CGT du comité d'entreprise livre dans un article au magazine Enjeux les Echos de novembre 2006 le commentaire suivant : "au quotidien, Jindal a surtout insufflé une nouvelle rigueur dans la gestion, plutôt positive".
Bref, il ne faut pas nécessairement crier péril en la demeure...
* "Les sous-traitants français deviennent la cible des groupes chinois et indiens"
13:55 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jidal, Sintex, Two cast, Rexor
Carrefour en Chine
Un article très intéressant de Bruno Birolli dans le Nouvel Obs de cette semaine (du 8 au 14 novembre 2007) sur Carrefour en Chine. Qu'y apprend-on ?
1 - Carrefour en Chine, c'est 100 magasins et 100 millions de clients. Pour autant, Carrefour ne fait pas fortune en Chine. En 2006, les Carrefour de Guanzhou (l'ancien Canton) étaient toujours déficitaires.
2 - 50 % des achats se font dans les grandes surfaces à Shanghai et à Pékin. Le petit-commerce à la chinoise disparaît.
3 - Carrefour apporte son organisation et ses modes de gestion mais les produits sont tous locaux à l'exception du marché des cosmétiques où l'Oréal est bien présent. "Nous fournissons le savoir-faire mais il nous a fallu comprendre comment la ménagère chinoise remplissait son chariot" explique Eric Legros, Directeur pour la Chine. Les stars de l'assiette sont par exemple les raviolis déclinés sous toutes les formes et les saveurs, les poissons de rivière saisis dans le magasin à l'épuisette, les crevettes, les morceaux de poulet et de porc vendus en vrac dans des bacs réfrigérés. Pas de surgelé, pas de soft-drinks ni de jus de fruit. Le thé vert règne en maître au rayon des boissons. Le yaourt par contre est une véritable révolution mais il n'a rien à voir avec celui qu'on connaît, c'est un breuvage sucré.
4 - Le concept de la grande surface a dû être aménagé : pas de parking, les clients viennent à pied ou en vélo. Ils font leurs courses tous les jours dans le Carrefour placé en centre ville.
5 - Des choses plus classiques : Carrefour est associé à des partenaires locaux et Carrefour éprouve toutes les peines du monde à former un personnel compétent.
09:35 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Carrefour
24.10.2007
Mandarin et samouraï
Pierre Fayard fait appel aux figures du Mandarin et du Samouraî pour expliquer les différences entre cultures japonaise et chinoise. Auteur de deux ouvrages sur ces cultures ("Comprendre et appliquer Sun Tzu" et "Le réveil du Samouraï") il nous livre dans un article téléchargeable sur internet un aperçu de sa réflexion.
En voici un extrait pour commencer à méditer :
"Au-delà du cliché, les figures du mandarin et du samouraï représentent des emblèmes des cultures stratégiques traditionnelles de la Chine continentale et du Japon insulaire. Elles distinguent d’une part le lettré, politique serviteur de l’Etat et qui gagne son rang du fait d’un mérite acquis par l’étude et l’intrigue, et d’autre part le guerrier à la dévotion absolue au clan, et plus particulièrement à son chef, et dont la résolution n’a d’autre limite que la mort. Le premier a le souci du temps long et du maintien des équilibres pour assurer la pérennité de l’Etat quand l’autre ne compte que sur son engagement plein et entier dans le présent. Par son raisonnement global et son souci du long terme, la culture du mandarin est stratégique alors que celle du samouraï excelle d’abord dans le tactique et l’opérationnel".
09:35 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : pierre fayard
23.10.2007
Quand Accenture rencontre des difficultés pour importer son modèle de KM en Asie
Dans une récente étude publiée par l’Academy of Management Executive,* 2 chercheurs Américains d'origine asiatique, David Y Choi et Yongsun Paik, nous révèlent les difficultés rencontrées par Accenture dans le déploiement de son modèle de Knowledge Management en Asie.
Dans le processus de KM mis en place par Accenture à l’échelle mondiale, il n’a pas été tenu compte de l’élément culturel. Or, pour un Japonais, prendre l’initiative de déposer dans la base de données une expérience, une bonne pratique est ressenti comme une volonté de se promouvoir soi-même et constitue donc une marque d’irrespect à l’égard de sa hiérarchie. Pour un Chinois, l’intérêt de fournir cet effort de formalisation n’est pas compris car aucune récompense directe ne lui est associée. Enfin, la difficulté de formaliser en anglais pour un asiatique est largement sous-estimée.
*« The shortcomings of a standardized global knowledge management system: The case study of Accenture », Academy of Management Executive, 2005, Vol. 19, No. 2
16:55 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Academy of Management Executive
04.06.2007
Confucius, une certaine conception du lien entre enseignement et pratique
A l'heure où la Chine se tourne à nouveau vers Confucius* (551-479 av JC) et au moment où l'enjeu chinois est de s'approprier les technologies et savoir-faire occidentaux, il est utile de s'imprégner de la vision que transmettent Confucius et ses disciples de l'éducation et de l'apprentissage.
Pour Confucius (Entretiens, chapitre VII) , il faut "étudier sans me lasser et enseigner sans relâche" mais le maître ne perd pas son temps à enseigner à celui qui n'a pas soif d'apprendre : "Je n'éveille pas celui qui n'y aspirait pas d'abord, je n'apprends rien à qui ne cherchait d'abord. Si lorsque je dévoile un coin, on ne me répond pas par les trois autres, je n'y reviens pas". Bénéficier de l'apprentissage du maître n'est donc pas un dû, il faut le mériter et chacun va chercher à en être digne car il n'y pas d'apprentissage sans rites et seul le maître peut les transmettre. Pour Xunzi, (Xunzi, II, "culture de soi", IIIème siècle avant JC), "l'étude consiste à prendre pour modèle les rites" et "sans le maître, comment connaissons-nous l'exactitude des rites ?".
Dans la pensée Confucéenne, l'étude est au service de l'action efficace, elle constitue un processus qui doit déboucher sur la mise en pratique. "Mieux vaut entendre que ne pas entendre, voir qu'entendre, connaître que voir et pratiquer que connaître. L'étude s'arrête à la pratique, qui permet la clairvoyance, laquelle conduit à la sainteté" (Xunzi).
Derrière ce mot "sainteté", il faut comprendre que dans la morale confucéenne, la pratique est la forme suprème d'accomplissement de l'homme, elle engage toute la personne et constitue le révélateur ultime de la profondeur des apprentissages effectués.
"Il en est qui se pénètrent de l'étude avec leur personne et leur esprit, d'autres avec leur bouche et leurs oreilles. Ceux-ci se perdent en conjectures et ne recherchent que des ombres et des échos. Quant à ceux qui se pénètrent de l'étude avec leur personne et leur esprit, c'est dans l'activité que leur pratique se révèle : ils la possèdent véritablement en eux-mêmes" (Wang Yangming, penseur confucéen du XV ème siècle).
On peut donc parier que les Chinois sauront s'approprier rapidement nos technologies et nos savoir-faire**. Les dépasser, c'est une autre affaire...
*voir par exemple l'article de Sébastien Billioud, chercheur au centre d'études français sur la Chine contemporaine de Hong Kong dans le remarquable numéro hors série du magazine Le Point de mars-avril 2007. Dans cet article, il montre l'actualité du confucianisme y compris dans la sphère économique : "des chefs d'entreprise se proclament confucéens et soutiennent toutes sortes d'activités, souvent éducatives; des organisations mettent en place des séances de lecture matinales et collectives des classiques...."'
** L'investissement des familles dans l'éducation de leurs enfants est par exemple considérable, une grande partie de l'épargne des ménages (37% des revenus soit près de 3 fois plus qu'en France) y est consacré. Source Le Nouvel Obs du 24-30 mai 2007, "A quoi rèvent les Chinois ?".
11:15 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Confucius, appropriation des technologies occidentales, apprendre pour un chinois
28.05.2007
Leçons de management interculturel selon Carlos Ghosn
Dans un précédent article, nous présentions le point de vue de dirigeants de Renault sur l'Alliance mais que dit le patron lui-même. Dans une conférence donnée à la Maison de la Culture du Japon en mai 2002, Carlos Ghosn nous éclaire sur la façon dont il traite la question des différences culturelles dans le management.
Premièrement Leçon. Dans le cadre du rapprochement entre deux entreprises, faut-il reconnaître l'existence de différences culturelles ou bien les relativiser, voire les nier en cherchant à implanter une nouvelle culture d'entreprise ?
La réponse est sans ambiguité, limpide : "Ghosnienne ?". "Il était extrêmement important de dire que cette alliance n'allait pas rendre les identités floues, qu'on n'allait pas avoir des gens à moitié Renault et à moitié Nissan ou à 80% Nissan et 20% Renault. Dès le départ, nous avons expliqué qu'il y aurait Nissan d'un côté et Renault de l'autre, que les identités seraient respectées, que chacun se sentirait chez lui mais en même temps que nous allions travailler ensemble dans le but de renforcer la performance."
Deuxième leçon. Faut-il obéïr aux traditions culturelles nationales, d'entreprise ou bien oser les bousculer ?
Pour expliquer son approche, Carlos Ghosn nous renvoie d'abord au dilemme dans lequel il s'est trouvé. "Si j'écoutais tous les conseils, je n'avais plus qu'à fermer ma valise et repartir. Nous ne pouvions rien faire. Nous étions murés dans toutes les traditions qui étaient rapportées. Et en même temps, nous voyions quand même que le potentiel était là et qu'il fallait le faire et braver un certain nombre de tabous". Ensuite, Carlos Ghosn prend l'exemple du keiretsu, ce cordon ombilical qui lie les fournisseurs au donneur d'ordre et qui empêche un constructeur de diversifier son panel de fournisseurs. "Concernant le keiretsu, nous ne sommes pas partis d'idées préconçues mais de faits. Nous nous sommes aperçus que Nissan achetait la plupart de ses pièces 25% plus cher que Renault. A partir de ce constat, nous avons remis en question tout le processus d'achat de Nissan. Nous n'avons pas remis en cause le keiretsu par principe. Le keiretsu peut s'avérer performant pour Toyota ou d'autres mais dans le cas de Nissan il ne fonctionnait pas". Donc, en conclusion de cette deuxième leçon, oui il est possible et nécessaire de bousculer les traditions si ce changement est crucial et explicité par des arguments solides.
Troisième leçon. Quelle attitude adoptée face à la différence culturelle ?
Si l'on suit Carlos Ghosn, il faut d'abord l'identifier et en prendre la mesure. Entre Français et Japonais, "il y a des différences culturelles colossales".
Un exemple, parmi d'autres cités par Carlos Ghosn : "Les Japonais se méfient des grands concepts, si quelqu'un vient avec un grand discours, il le regarde avec beaucoup d'appréhension... Ils se méfient des théories, ils aiment les faits. La question qui vient immédiatement derrière un discours, c'est comment on fait ? C'est le processus qui est important, le résultat, la performance, la réalité".
Ensuite, il faut savoir s'enrichir de cette différence. "Imaginez un Français arrivant au Japon. Il peut se dire : Qu'est-ce qu'ils sont lents à prendre des décisions ! Critique de la différence. Il peut se dire aussi : l'exécution est parfaite, il y a des choses à apprendre. Valorisation de la différence. Le Japonais, c'est pareil. Il vient en France et dit : ils parlent beaucoup mais ils font peu. Il peut aussi trouver que c'est riche au niveau du concept, qu'il peut apprendre des prises de décision, de la réflexion stratégique. Tout l'art consiste à se touner vers le positif...".
12:15 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : différences culturelles, Carlos Goshn, management interculturel franco-japonais
27.05.2007
Travailler avec les Coréens selon Eric Sudej, Directeur de la filiale de LG Electronics
Le journal du Net propose ce mois-ci un dossier très intéressant intitulé "manager une équipe internationale". Il comprend plusieurs témoignages dont celui d'Eric Surdej qui a particulièrement retenu mon attention.
N°1 de la fililale française du groupe LG Electronics et premier non-coréen à figurer au Comité Exécutif du groupe, il nous revèle sa vision du travail avec les Coréens.
Trois traits culturels des Coréens qui n'étonneront personne : les Coréens manifestent une confiance presque aveugle dans leur hiérarchie, ils identifient fortement leur intérêt personnel à l'intérêt collectif, ils sont de gros bosseurs.
Plus surprenant, mais témoignage concordant avec d'autres que j'ai entendus maintes fois chez des managers de Renault qui collaborent avec Samsung Motors, ils sont soupe au lait. "Ils peuvent, en l'espace d'une heure, passer d'une forte colère à une joie très ostensible. C'est extrêmement déstabilisant, si on ne prend pas le recul nécessaire" nous dit Eric Surdej. Chez Renault, on surnomme les Coréens les "Italiens de l'Asie".
En dehors de cela, Eric Surdej nous fait part de ses conseils sur le comportement à tenir en milieu multiculturel.
- Ne pas juger les autre cultures, ni chercher à les changer. Cela s'avèrerait totalement stérile.
- Chercher les synergies. Dans le cas de la collaboration Franco-coréenne, les coréens apportent leur rigueur dans l'élaboration et le respect des processus et les français leur insolence qui permet des confrontations positives d'idées et des "remises en cause salutaires".
- se tourner vers l'autre tout en restant soi-même
- une curiosité pour la culture de l'autre. "En étudiant un peu la Corée, son histoire et sa civilisation, j'ai beaucoup appris sur la façon dont ce peuple fonctionne".
De bons conseils que suivront plus volontiers les managers dès lors qu'ils sont portés par l'un des leurs et pas des moindres !
09:25 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : différences culturelles, relations franco-coréennes, manager des coréens, LG Electronics
07.05.2007
Les aventures d'un jeune chercheur français en Corée du Sud
FRENCHIE référence certains blogs d'expatriés pour la qualité des récits et analyses. Jean-Charles Basin, jeune thésard au NRL, le CNRS coréen anime un blog depuis septembre 2004. Il y mêle des réflexions diverses sur sa vie au NRL mais aussi dans la société coréenne. Si vous avez peu de temps, allez dans la rubrique dans le bandeau de gauche "les plus" et "les moins". C'est évidemment une vision personnelle de la Corée mais on y retrouve des éléments qui convergent avec certains témoignages qu'on peut entendre sur la vie professionnelle en Corée du Sud (1-2-3 et 4) et quelques éléments surprenants (par exemple, 5)
1 - Il faut prendre au sérieux le niveau scientifique des Coréens. "La qualite scientifique de la Corée n’est plus à demontrer : rôle majeur dans l’électronique, l’informatique, la construction navale, etc…Par exemple, la Corée est le leader mondiale en construction navale. LG et Samsung sont des marques mondialement reconnues. Le KAIST est souvent considéré comme la meilleure universite d’Asie. La Corée est le pays ou la couverture internet haut débit est la plus importante".
2 - La vie sociale dans l'entreprise est ponctuée par des sorties nocturnes bien arrosées avec son hiérarchique. "Aller boire avec ses collègues et son chef est courant en coree et surtout obligatoire. Cela s’appelle le dwi-puli (litteralemennt, « apres relax ») et permet de franchir les barrieres hierarchiques tres fortes en coree. Ne pas participer a ces traditions vous mettrait a l’ecart du groupe et nuirait fortement à votre integration. ici, il ne s’agit pas de boire pour deguster l’alcool mais de boire jusqu'à être complètement saoul. Le directeur oblige tout le monde a etre plus saoul que son voisin. Il faut vraiment le vivre pour se rendre compte de comment ça se passe".
3 - La vie au travail envahit l'existence. "Les horaires dans les laboratoires de recherche universitaire sont vraiment ridicules. Ils arrivent rarement avant 10h mais sont au lab jusqu’à 3h du mat !!"
4 - Le respect dû à la hiérarchie. Il se retrouve "dans le language, ou une forme polie de conjugaison et une forme honorifique doivent etre utillisées".
5 - Parmi les surprises, l'organisation coréenne est perfectible. "Si un jour vous devez organiser une réunion ou un travail avec des Coréens, abandonnez tout de suite, ce sera plus simple !! en effet, ils ont une fâcheuse tendance à tout annuler ou modifier n’importe quoi au dernier moment !!"
Au-delà de ces quelques points, si vous fouinez sur le blog vous trouverez maintes anecdotes qui rendent ce pays attachant.
Et si vous n'étiez pas complètement convaincus, il vous reste à voir le sublime film de Im Sang-soo, "le Vieux jardin".
L'histoire : "Mai 1980, fuyant une manifestation réprimée par l'armée, Hyun-woo, jeune militant socialiste, trouve refuge dans la montagne auprès de Yoon-hee. Après avoir vécu une histoire d'amour passionnée, Hyun-woo fait le choix de retourner à ses activités politiques. Incarcéré dès son retour en ville, il sortira de prison 17 ans plus tard. Il redécouvre alors son pays et se souvient de son passé avec Yoon-hee".
Encore en ce moment dans les salles, dépêchez-vous...
18:10 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : management interculturel, frenchie interculturel, Corée du Sud, expériences interculturelles, le vieux jardin, jean-charles basin

