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24.11.2007
Quand la biologie vient au secours des thèses culturalistes
Catherine Vidal, neurobiologiste, directrice de recherche à l'Institut Pasteur tord le cou au déterminisme biologique dans un article du Monde du 22 novembre. "A la naissance, seulement 10% des connexions entre les neurones sont présentes. Les 90% restants vont se construire progressivement au gré des influences de la famille, de l'éducation, de la culture, de la société". Or, "ce qui compte en matière de cerveau et d'intelligence, ce n'est pas la quantité mais bien la qualité des connexions entre les neurones".
Et même ces 10% n'induisent pas des comportements prgrammés : "sur le plan comportemental, tout ce qui relève de l'humain se fait d'abord sur des constructions mentales". La théorie des deux cerveaux lancée il y a 40 ans, le gauche pour le langage et le droit pour l'orientation spatiale et les mathématiques est également balayée par les avancées de la science. "Ces idées sont de nos jours complètement dépassées. L'imagerie cérébrale montre que les deux hémisphères sont en communication permanente et qu'une fonction comme le langage recrute une dizaine d'aires cérébrales dans les deux hémisphères".
L'article se conclut par une proposition en forme de théorème qu'on aimerait voir enseigner dans toutes les écoles :
"La règle générale (pour expliquer le comportement humain) est celle de la diversité culturelle, rendue possible par les formidables propriétés de plasticité du cerveau humain".
Pour poursuivre, voir le livre de Catherine Vidal, Cerveau, Sexe & Pouvoir.
17:55 Publié dans Etudes, concepts, réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : catherine vidal, theorie des deux cerveaux, déterminisme biologique
Regards de jeunes français sur la vie professionnelle à Madrid
La revue Courrier Cadres de décembre fait témoigner de jeunes expatriés français travaillant à Madrid.
Premier enseignement : ils s'y plaisent et n'ont pas envie de rentrer en France mais lorgent plutôt sur d'autres terres hispanophones en Amérique du Sud.
Ils apprécient les responsabilités qu'on leur confie et les possibilités d'évolution beaucoup plus rapides qu'en France. "C'est le pays des opportunités, à condition d'avoir une vraie compétence à apporter - même si on ne possède pas forcément de hauts diplômes" souligne le directeur de la CFECI. Côté positif, ils relèvent également le mode de vie beaucoup plus décontracté, les relations hiérarchiques plus souples et conviviales. "Tout le monde se tutoie joyeusement". Enfin, les jeunes enfants apprécieront aussi le changement : "Les Espagnols adorent les enfants, et tout est fait pour leur confort".
Où ça coince, au moins au début, c'est sur la feuille de paye. Pour les jeunes diplômés d'école de commerce, il faut s'attendre à une basse de salaire de 30 à 50%. Car l'âge conditionne beaucoup son positionnement sur la grille salariale : "à fonction égale, avec cinq ans de plus, on gagne deux fois mieux sa vie". Heureusement le coût de la vie est raisonnable, sauf le logement même si les prix n'atteignent pas ceux de Paris (1000€ pour 80m2 en centre ville).
Quels regards portent-ils sur leurs collègues espagnols ? Ils reconnaissent leurs compétences et leur investissement dans le travail (attention, on travaille beaucoup à Madrid même pendant la sieste ). Ils sont en revanche parfois sidérés par leur "manque d'initiative" leur "hantise des responsabilités" et l'absence de réactivité (le temps passé à se référer au siège se révèle souvent un obstacle à l'efficacité). Côté tempérament, le caractère latin des espagnols est également souligné : ils s'enflamment vite, les affrontements peuvent être violents mais "au bout du compte, c'est moins hypocrite que dans l'Hexagone". Enfin, la culture orale s'accompagne d'une certaine dose d'improductivité et explique d'une certaine façon les horaires de travail à rallonge.
14:20 Publié dans Europe occidentale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : vie professionnelle en Espagne, différences culturelles France-Espagne
"La logique de l'honneur" traduit en Chinois

Les Chinois ont bien de la chance : ils peuvent pénétrer notre culture occidentale de l'intérieur. Espérons que ce livre inspirera un chercheur chinois avide de nous éclairer sur les différences culturelles au sein du monde asiatique. On en a bien besoin...
12:43 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Logique honneur, philippe d'iribarne
Enquête internationale TNS SOFRES sur la motivation au travail
TNS Sofres vient de publier une étude très intéressante* dont quelques résultats sont communiqués sur leur site. Elle porte sur la motivation au travail dans 7 pays : la France, l'Allemagne, l'Italie, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis, l'Espagne et la Chine.
Qu'y apprend-on ?
En croisant les données fournies sur le site et celles contenues dans un article de Courrier Cadres de ce mois-ci, voilà ce que ça donne.
Pour les Britanniques et les Américains, le travail est d'abord un gagne-pain (71% pour les Britanniques contre 49% pour les Français, 44% pour les Espagnols et 36% pour les Allemands); pour les Allemands, une source d'épanouissement (52% contre 36% pour les Français, 27% pour les Britanniques et 15% pour les Espagnols); pour les Français une occasion de nouer des contacts humains (56%, 44% pour les Allemands, 41% pour les Britanniques, 33% pour les Espagnols et les Américains) et pour les Espagnols une contrainte (40% contre 15% pour les Français, 8% pour les Allemands et les Britanniques).
Malheureusement, la relation affective au travail des Français est souvent déçue. "les Français manifestent beaucoup plus de pessimisme et de lassitude et se montrent également plus défiants vis-à-vis de la direction de leur entreprise, rejoignant sur ce point les Italiens". Il est intéressant de constater que le système managérial des groupes étrangers installés sur le territoire français - allemands ou américains - recontrent un écho beaucoup plus favorable chez leurs salariés français. Ainsi, ils sont 58 % à être satisfaits de leur rémunération (pour 45 % dans les groupes français), 48% à penser que leurs efforts sont récompensés (pour 39% dans les groupes français. De même, 38% seulement des salariés français travaillant pour des groupes étrangers jugent leur situation se dégradant (pour 63% dans les groupes français).
Finalement, dans ce comparatif, ce sont les salariés allemands qui semblent le plus satisfaits (73% sont par exemple satisfaits de leur salaire, contre 45% des salariés Français), 88% trouvent leur job intéressant et 36% déclarent travailler par passion contre 15% des Britanniques et 19% pour des Français.
Quant aux salariés Chinois, (l'article de Courrier Cadres n'en fait pas état), l'optimisme est également au vert. "La Chine se singularise par un fort taux de satisfaction et d’implication de la part des managers. Ces derniers sont nettement plus optimistes sur le plan de leur avenir professionnel que les Occidentaux : 77 % des managers chinois considèrent que leur situation s’améliore, pour 28 % d’occidentaux. Les managers chinois sont
91 % à choisir de travailler plus pour gagner plus, contre 39 % en Europe et aux Etats-Unis. Ils se distinguent des managers occidentaux par leur vision du travail comme une source de plaisir (62 %) et de pouvoir (52 %)".
* L’enquête a été menée en février / mars 2007, auprès d’échantillons représentatifs des salariés des grandes entreprises et de la fonction publique.7 pays ont été couverts (5 412 interviews) : le G5 européen (France, Allemagne, Grande–Bretagne, Italie, Espagne), les Etats-Unis, la Chine.
12:20 Publié dans Etudes, concepts, réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Etude RH internationale, sofres
16.11.2007
Animer une communauté de pratique
Comment animer les acteurs d'une fonction globale de l'entreprise dans des Groupes mondialisés ?
Comment développer l'expertise métier sachant que celle-ci est dispersée aux 4 coins du monde ?
C'est à ces questions que ce basic tente de répondre. Il est en librairie à partir d'aujourd'hui et disponible sur Amazon.
Voici le sommaire :
- Pourquoi mettre en place des communautés de pratique ?
- Qu'est-ce qu'une communauté de pratique ?
- Quels bénéfices en tirer ?
- Quels outils, quels usages, quel mode d'animation ?
- Quel système d'animation ?
- Quelles pratiques d'animation ?
- Comment réussir le lancement et pérenniser une communauté de pratique ?
09:30 Publié dans Etudes, concepts, réflexions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
15.11.2007
La mondialisation expliquée aux Français par Christine Lagarde
Lu dans le Monde daté d'aujourd'hui (15 novembre 2007), une interview de Christine Lagarde, Ministre de l'Economie.
"Nous devons faire oeuvre de pédagogie sur l'économie, sur ses mécanismes et sur ce que sont des mouvements de marchés qui répondent à des phénomènes d'offre et de demande. Bien sûr, le consommateur direct n'y pense pas lorsqu'il achète ses yaourts ou ses fruits et fait son plein d'essence, mais il y a une accélération phénoménale de la demande.
Mon collègue indien m'a dit que jusqu'à une période récente, la grande majorité du 1,1 milliard d'Indiens ne faisait qu'un repas par jour. Ils en font deux aujourd'hui. Quand on double la demande de riz, de céréales, de soja, etc., cela a un effet mécanique sur le prix des matières premières qui se répercute à la marge sur tous les produits alimentaires. On pourrait faire le même commentaire sur la consommation chinoise d'énergie".
10:15 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Inde, Christine Lagarde
14.11.2007
Les groupes chinois et indiens s'implantent en France
On connaissait le cas de Mittal. Voilà que les groupes chinois et indiens font leur marché dans la sous-traitance française nous dit le journal les Echos d'aujourd'hui*.
Ce mois-ci, Nief Plastic (120 millions d’euros de chiffre d’affaires, 1.100 salariés), plasturgiste familial basé en Rhône-Alpes, a vendu la totalité de son capital à l’indien Sintex. Le mois précédent, Huron Graffenstaden
(40 millions de chiffre d’affaires, 140 salariés),un constructeur alsacien de machines-outils, a signé un
accord avec le groupe indien Jyoti CNC Automation en vue de lui céder 100% de la société. Le journal cite également le cas du forgeron Sifcor, basé en Haute-Marne, qui a annoncé « un projet de rapprochement et de partenariat » avec le groupe indien Bharat Forge, un des leaders mondiaux du secteur".
L'enjeu pour ces sous-traitants est parfois d'échapper au dépôt de bilan (cas de la société française Two Cast
Europe, fonderie française, placée en redressement judiciaire en 2005 et rachetée par Hebei Hongye Machinery, une fonderie chinoise spécialisée dans les pièces de robinetterie) mais c'est aussi un moyen de répondre aux pressions des donneurs d'ordre qui exigent de leurs sous-traitants une capacité à les suivre sur ces marchés .
Côté pays émergents, il est intéressant d'entendre le point de vue chinois exprimé par le PDG d'Hebei Hongye Machinery « J’ai analysé les différences de culture et de logique entre la Chine et l’Europe et conclu que si nous
voulions vraiment être présents en Europe, il fallait absolument investir et avoir une équipe sur place ». Cette explication culturelle est le pendant de celle exprimée par les chefs d'entreprise français qui préfèrent s'allier à un partenaire local pour s'implanter sur les marchés indiens ou chinois plutôt que de tenter l'aventure seuls. L'écart culturel est donc ressenti de part et d'autre comme réel et profond.
Que dire sinon de ce cette évolution ? Qu'advient-il des entreprises françaises lorsqu'elles tombent dans le giron des entreprises indiennes ou chinoises. Difficile de répondre car évidemment le phénomène est très récent et on a peu de recul. En faisant une recherche j'ai quand même trouvé un cas, celui de Rexor, PME de l'Isère, fabricant de fims et fils métalloplastiques, ancienne filiale de Rhone Poulenc lâchée par la maison-mère en 1998 et rachetée en 2003 par le groupe indien Jidal, son fournisseur de film plastique. Qu'en dit le PDG, Jean-paul Rousselet, interviewé par le journal des Entreprises le 6 avril 2007. "Les rapports sont excellents, rien à voir avec les investisseurs financiers américains ou européens qui, au bout de cinq ans se retirent des entreprises pour réaliser des bénéfices". "Aujourd'hui, nous allons servir de tremplin pour le développement de Jidal en Europe; nous avons choisi de concert d'implanter un centre de recherche et de développement en Europe". Même le secrétaire CGT du comité d'entreprise livre dans un article au magazine Enjeux les Echos de novembre 2006 le commentaire suivant : "au quotidien, Jindal a surtout insufflé une nouvelle rigueur dans la gestion, plutôt positive".
Bref, il ne faut pas nécessairement crier péril en la demeure...
* "Les sous-traitants français deviennent la cible des groupes chinois et indiens"
13:55 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Jidal, Sintex, Two cast, Rexor
Carrefour en Chine
Un article très intéressant de Bruno Birolli dans le Nouvel Obs de cette semaine (du 8 au 14 novembre 2007) sur Carrefour en Chine. Qu'y apprend-on ?
1 - Carrefour en Chine, c'est 100 magasins et 100 millions de clients. Pour autant, Carrefour ne fait pas fortune en Chine. En 2006, les Carrefour de Guanzhou (l'ancien Canton) étaient toujours déficitaires.
2 - 50 % des achats se font dans les grandes surfaces à Shanghai et à Pékin. Le petit-commerce à la chinoise disparaît.
3 - Carrefour apporte son organisation et ses modes de gestion mais les produits sont tous locaux à l'exception du marché des cosmétiques où l'Oréal est bien présent. "Nous fournissons le savoir-faire mais il nous a fallu comprendre comment la ménagère chinoise remplissait son chariot" explique Eric Legros, Directeur pour la Chine. Les stars de l'assiette sont par exemple les raviolis déclinés sous toutes les formes et les saveurs, les poissons de rivière saisis dans le magasin à l'épuisette, les crevettes, les morceaux de poulet et de porc vendus en vrac dans des bacs réfrigérés. Pas de surgelé, pas de soft-drinks ni de jus de fruit. Le thé vert règne en maître au rayon des boissons. Le yaourt par contre est une véritable révolution mais il n'a rien à voir avec celui qu'on connaît, c'est un breuvage sucré.
4 - Le concept de la grande surface a dû être aménagé : pas de parking, les clients viennent à pied ou en vélo. Ils font leurs courses tous les jours dans le Carrefour placé en centre ville.
5 - Des choses plus classiques : Carrefour est associé à des partenaires locaux et Carrefour éprouve toutes les peines du monde à former un personnel compétent.
09:35 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Chine, Carrefour
13.11.2007
La revue qui vous fait regretter de ne pas avoir fait polytechnique
La société amicale des anciens élèves de l’Ecole Polytechnique édite une revue « La jaune et la Rouge » et son numéro d’avril 2007 est consacré aux « différences culturelles ». Au menu, un article éclairant de Philippe d’Iribarne sur les différences culturelles en Europe, une interview remarquable de François Jullien par Philippe d’Iribarne et Geneviève Felten sur le pouvoir en Chine (à lire absolument pour qui veut comprendre la Chine. J'essaierais d'en faire un article prochainement mais ce n'est pas une mince affaire. Il faut laisser maturer un moment). Mais aussi plusieurs articles passionnants réalisés par d’éminents spécialistes : Jean Claude Galey pour l’Inde, Alain Henry sur la gouvernance en Afrique, Livia Barbosa sur le contraste en les Etats-Unis et le Brésil. Bref, un vrai régal.
Pour vous procurer la revue, vous pouvez tenter le coup en adressant un mail à la rédaction.
Bonne lecture !
14:20 Publié dans Etudes, concepts, réflexions | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : revue la jaune et la rouge école polytechnique

