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14.04.2007
Comment un équipementier japonais transfère ses compétences de production à sa filiale américaine ?
Pour une société fortement internationalisée, la capacité à transférer rapidement sa technologie et ses compétences à l’ensemble de ses filiales devient un avantage concurrentiel déterminant.
Dans un article publié en 2005 dans la revue internationale « Journal of world Business », Massaki Kotabe étudie la manière dont un équipementier automobile japonais transfère ses compétences à sa filiale américaine. Voilà brièvement résumé, ce que l’on y apprend.
Le transfert de pratique est bien plus compliqué que de fournir une documentation électronique. Ce n’est pas parce qu’un savoir-faire, une connaissance est explicitée qu’elle peut être exploitée. Il faut qu’il y ait une compréhension commune du message et au-delà une pratique commune. L’auteur cite l’exemple du savoir-faire relatif au contrôle qualité, à l’utilisation et à la maintenance des outils et des machines, à l’identification des causes racines.
Par ailleurs, en contexte international, le recours à une langue commune - bien souvent l’anglais - ne permet pas de résoudre la difficulté. Au-delà du fait qu’elle est bien souvent mal maîtrisée, les normes de communication, les formes d’expression restent très imprégnés de la culture d’origine et les incompréhensions sont légions. Le recours à un interprète, outre que cette solution soit coûteuse et pas toujours facile à mettre en place, s’avère perturbant dans la communication et source de malentendus dès lors que le langage devient très technique et donc difficile à maîtriser par un interprète.
Finalement, l’efficacité du processus de transfert repose sur 4 pratiques pédagogiques simples :
- Le recours au dessin (drawability) : signes, images, diagrammes. On peut distinguer le dessin normé du dessin spontané. Les formateurs japonais portaient avec eux un carnet sur lequel ils dessinaient des croquis, des diagrammes afin de se faire comprendre.
- La démonstration sur la machine, par l’exécution de la tâche. « Quand l’ouvrier américain ne savait pas quel outil utilisé, le technicien Japonais prenait simplement le bon outil et lui tendait, voire prenait le relais en exécutant lui-même la tâche. Cette phase du transfert n’était accompagnée que d’un minimum d’échanges verbaux «This good, this no ». Parfois, l’ouvrier américain s’asseyait et observait le formateur japonais exécuter correctement le geste.
- Le recours au toucher pour sentir le défaut (qui ne peut pas être repéré par une machine) et pour poser un diagnostic juste sur l’origine du problème (en prélevant la pièce défectueuse)
- L’action menée en commun et la répétition pour acquérir le geste professionnel
13:10 Publié dans Asie | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : management interculturel, transfert de compétences, international, production, japon, equipementier


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